Les 4000 îles, EP1 : le passage épique de la frontière laotienne

Après avoir pris notre dose de temples et de d’heures de sommeil en moins, on décolle de Siem Reap direction le Laos. Enfin « on décolle », façon de parler, puisqu’on roule essentiellement. Et par tout moyen.img_5520

Ceci était le mode de transport le plus confortable. Ici, un van pour 8 contient tranquillement 16 personnes (heureusement qu’ils ne sont pas épais).
La frontière n’étant pas toute proche, et compliquée à passer, on coupe le trajet en 2 histoire d’être frais pour son passage.

LE PASSAGE DE LA FRONTIÈRE, LA FOLLE AVENTURE DE GOGOLITO ET GOGOLITA

Parce qu’en fait, passer la frontière Cambodge/Laos sans se faire plumer par les douaniers, c’est un peu comme traverser le Mordor avec l’anneau sur le front.
Chauffés à bloc, on échafaude un scénario pour ne pas payer se faire raquetter les pots de vin.
Les rôles principaux : Gogolito et Gogolita (deux rôles de composition évidemment).
(Sur une musique gaie et entraînante) Gogolito et Gogolita montent dans un minivan (surbondé et non climatisé avec une boîte de vitesse cassée) à la ville frontalière du Cambodge pour le Laos. Après 1 heure de route absolument dé-gueu-lasse, on les dépose à 500 mètres du poste frontière.
C’est alors qu’un homme leur demande tout naturellement 40$ pour leurs visas (FYI, le visa coûte officiellement que 30$ par personne). HAHAHAHAHAHAHA. La première tentative de corruption a lieu comme prévu. Gogolito et Gogolita rient intérieurement et répliquent « ben pourtant sur le site de l’ambassade ils disent que c’est que 30$, et nous vu qu’on est neuneus on a que 30$ ». Le
Monsieur explique alors qu’ils doivent se rendre à pied au poste frontière mais qu’ils ne passeront jamais avec seulement 30$ par visa. Les gogoles lui répondent qu’ils tenteront leur chance.

Le poste de sortie du Cambodge

Non contents mais tout en transpiration, Gogolito et Gogolita se pointent comme des fleurs au poste de sortie du pays, avec leurs passeports et leurs pauvres 30$, qu’ils tendent tout sourire (très niais) au monsieur le moins aimable d’Asie du sud est. Comme prévu, ce brave homme nous demande 2$ par visa (et nous sommes quand même 3 dans la famille Gogolito) juste pour un coup de tampon (qui est bien entendu gratuit hein). « Ooooohhh non. Zut alors. Mais c’est qu’on savait pas nous. Le site de l’ambassade dit que c’est que 30$ » (avec leur plus belles têtes de débiles très très désolés). Pour se venger, l’amabilité faite homme leur rend leurs passeports non tamponnés sans un mot et les fera patienter une bonne trentaine de minutes avant de finir par faire son boulot.

Cette première victoire redonne motivation et courage à nos deux voyageurs limités (qui savent pertinemment que la patience est leur arme fatale, et l’énervement leur cryptonite). D’autant plus que tout le reste du van paye sans broncher, sauf un autre français.

Le poste d’entrée au Laos

Après une nouvelle marche sous un soleil accablant, ils arrivent au poste d’entrée côté laotien. Prévenus que ce serait l’étape la plus ardue, ils présentent à nouveau leurs passeports et les 30$, d’un œil vide de tout signe d’intelligence. L’homme le moins aimable du monde (les douaniers cambodgiens sont des bisounours à côté) leur signifie qu’il manque 2$ par passeport pour le tampon + 1$ puisqu’il est passé 16h (ne pas chercher à comprendre puisque le poste est ouvert jusqu’à 18h).
« Rholalalala mais zut, mais vraiment personne ne nous a prévenu et sur le site de l’ambassade blablabla on est vraiment bêtes et désolés blablabla sorry mister blablabla you take credit card?« . D’un geste chargé de tout l’agacement possible, les passeports et les dollars nous sont rendus jetés à la figure et le douanier ferme sa vitre.
C’est là que la lutte mentale commence. Gogolito et Gogolita se rassoient et jouent (avec un entrain non dissimulé) avec leur fille (qui a été l’enfant le plus cool sur terre pendant tout ce temps), laissant paraître toute leur naïveté aux vilains douaniers. Sachant que le poste ferme à 18h, ils savaient qu’ils n’auraient pas à patienter plus d’une heure et demi (on ne peut pas rester bloqué dans ce no man’s land, plus au Cambodge pas encore au Laos).

Tous les autres voyageurs du minivan paient à nouveau, mais en manifestant leur mécontentement cette fois (tout de même).

Pensant payer pour aller plus vite, l’attente des maudits français de l’autre côté de la frontière leur a vraisemblablement paru un peu longue. Une américaine a bien tenté de leur expliquer qu’elle commençait « to get really annoyed, we are all waiting for you, okay?« , mais s’est vite rendu compte que les français savent aussi prétendre ne rien comprendre à l’anglais (oui on prétend assez souvent).

Après 1h30 de jeu et de rires bruyants et à peine feints, les douaniers cèdent à l’envie de rentrer chez eux compter tous leurs dollars du jour et tamponnent les passeports de Gogolito, Gogolita et leur enfant.

Non sans s’adonner à une petite danse de la victoire, la petite famille s’en va monter dans un van à l’ambiance, bizarrement, un peu pesante. Mais on était pas peu fier de ne pas avoir participer à ce système de corruption et d’avoir payé uniquement ce qu’on avait à payer.

Ils arriveront sains et sauf (après une petite balade en bateau de nuit sous un ciel étoilé de toute beauté) sur l’île de Don Det, pour se la couler douce pendant 3 jours, car ça fatigue de jouer les débiles pour des gens aussi intelligents.

Gogolita

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